Saint-Louis, le 24 septembre 2026 – Les Ministères de l’Environnement et du Développement Durable du Sénégal et de la Mauritanie, en partenariat avec l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ont ouvert officiellement ce matin à Saint-Louis la table ronde des bailleurs de fonds et du secteur privé pour le financement durable de la Réserve de Biosphère Transfrontière du Delta du Sénégal (RBTDS).
Cet événement stratégique de haut niveau réunit des délégations ministérielles, des élus locaux, des partenaires multilatéraux (FEM, PNUD, Fonds Vert pour le Climat, BAD, Union Européenne), ainsi que des investisseurs et opérateurs du secteur privé. L’objectif est de mobiliser les ressources nécessaires pour un nouveau projet d’envergure doté d’un budget prévisionnel de 15 690 000 USD.
Un écosystème vital sous pression
Créée en 2005 sous l’égide de l’UNESCO, la RBTDS s’étend sur 641 768 hectares partagés entre le Sénégal et la Mauritanie. Ce sanctuaire écologique abrite des zones humides critiques qui assurent la régulation hydrique, la reproduction halieutique et l’habitat d’espèces migratrices majeures. Cependant, la zone fait face à de lourdes menaces : altération des cycles d’inondation due aux aménagements hydrauliques, prolifération du Typha australis, effets du changement climatique et forte poussée démographique, la population locale étant passée de 375 000 à 562 500 habitants en dix ans.
Des ambitions fortes pour l’horizon 2030
S’appuyant sur les acquis du premier programme d’appui (2022-2026) qui a formé plus de 1 300 acteurs et soutenu 1 000 femmes dans des activités génératrices de revenus, le nouveau projet vise des impacts systémiques majeurs :
- La restauration écologique de 15 000 hectares de fonctions écosystémiques.
- L’amélioration des moyens d’existence de 5 000 ménages, tout en réduisant de 30 % la pression sur les ressources naturelles.
- L’autonomie financière à hauteur d’au moins 70 % des besoins récurrents de la gouvernance transfrontalière.
L’innovation par la finance verte et les partenariats public-privé
Pour rompre avec la dépendance des financements discontinus du passé, les deux États innovent en ouvrant les discussions aux mécanismes modernes de la finance climat et biodiversité. La journée sera rythmée par trois sessions plénières destinées à sceller des engagements fermes, des promesses de cofinancement, ainsi que des Partenariats Public-Privé (PPP) et des dispositifs de Paiements pour Services Écosystémiques (PSE).
L’Unité de Gestion Transfrontalière (UGT) assurera dès la clôture du forum le suivi rigoureux des intentions de fonds afin de les transformer rapidement en accords de financement effectifs au bénéfice des communautés riveraines et de la biodiversité du Delta



